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2009/01/22

> Berria: Intersex > DANIELA TRUFFER: "JE ME SENS NI HOMME NI FEMME"

  • Daniela Truffer : «Je me sens ni homme ni femme»
  • Ils seraient 35000 hermaphrodites en Suisse. Ils manifestent lundi à Genève
  • Le Mattin Bleu, 2009-01-22 # Muriel Jarp
L'enfance de Daniela Truffer a été étouffée par un lourd secret et rythmée par d'incessantes visites chez le médecin. Aujourd'hui, elle sort de son silence et parle au nom de tous ceux «à qui la société refuse l'existence»: les hermaphrodites. «J'étais bébé lorsque les médecins ont décidé que je serai une fille», poursuit la Zurichoise de 43 ans, née avec des organes génitaux non définis. «Mais j'aurais aimé qu'on me laisse le choix. J'ai toujours su que mon sexe n'était pas normal.» Aujourd'hui encore, Daniela Truffer ne se sent ni homme ni femme.

Une vie de souffrances psychiques - «Personne ne m'expliquait ce que j'avais, je me sentais comme un monstre.» - mais aussi physiques, conséquence des coups de scalpel et des hormones «qui détruisent le corps». Après 35 années de silence et de solitude, Daniela Truffer a enfin découvert grâce à Internet qu'elle n'était pas seule: près d'un individu sur 2000 naîtrait hermaphrodite. Présidente de l'Association des personnes intersexuées, elle sera dimanche soir à la Maison des associations de Genève avant de manifester à la place des Nations: «Je souhaite que nous puissions décider de notre identité.» Homme, femme... ou rester hermaphrodite.

2009/01/14

> Komunikatua: ACT-UP > ROSELYN BACHELOT EXCLUT LES HOMOSEXUELS DU DON DU SANG

  • Roselyne Bachelot exclut les homosexuels du don du sang
  • ACT-UP, 2009-01-14
Roselyne Bachelot réaffirme aujourd’hui l’exclusion des homosexuels du don du sang. La ministre a beau s’en dédire, l’exclusion du don du sang est bien violente et discriminatoire à l’égard des homosexuels. Et celle-ci n’est pas sanitairement justifiée : si la prévalence est en effet plus forte chez les gays, les nouvelles contaminations concernent désormais davantage les hétérosexuels.

Dans un entretien accordé à Libération ce mercredi 14 janvier 2009, la ministre de la santé se targue d’avoir signé un nouvel arrêté encadrant les dons du sang. Dans ce décret, Roselyne-Bachelot entérine l’exclusion des homosexuels du don du sang, malgré les engagements pris (et non tenus) par Xavier Bertrand lorsqu’il était ministre de la santé.

Depuis la parution d’une circulaire en 1983, les hommes homosexuels sont exclus du don du sang parce que considérés comme appartenant à un « groupe à risque ». Une réponse positive à la question « Avez-vous eu des rapports sexuels entre hommes ? » lors de l’entretien préalable suffit pour se voir définitivement exclu du don du sang. En interdisant le don du sang aux homosexuels, Roselyne Bachelot entretient la fiction discriminatoire, et dans ce cas d’espèce homophobe, selon laquelle il y aurait des groupes à risques ; or il n’y a que des pratiques à risques.

La ministre justifie cette discrimination par la forte prévalence du VIH parmi les hommes homosexuels. Pourtant, d’autres pays comme le Portugal ont récemment ouvert le don du sang aux homosexuels au nom de « l’égalité des critères pour tous » sans pour autant mettre en péril la sécurité transfusionnelle.

Le 27 novembre 2007, Roselyne Bachelot avait annoncé qu’elle allait lever l’interdiction pour les homosexuels de donner leur sang. Pour autant, la circulaire publiée par le ministère de la santé le 10 avril 2008 n’avait rien changé à l’état de fait précédent. Seule la rédaction du questionnaire avait été révisée pour en réduire l’aspect discriminatoire. Au final, ce questionnaire est non seulement discriminatoire, mais aussi dangereux car il introduit une confusion sur la nature des risques de transmission du VIH.

Les critères de sélection des donneurs ne permettent pas d’évaluer le fait d’avoir eu ou non des rapports systématiquement protégés ou le fait d’avoir effectué un test de dépistage. Données qui pourtant constituent les seules bases fiables à une évaluation efficace du risque transfusionnel, objective et non discriminante, du niveau de risque d’infection.

Aujourd’hui, près des 2/3 des contaminations en France ont lieu chez les hétérosexuels : loin d’être élaboré sur la base d’une évaluation réelle du risque, les nouvelles règles sur le don du sang restent basées sur une perception périmée de l’épidémie.

Act Up-Paris dénonce la décision prise par Roselyne Bachelot et exige l’ouverture du don du sang aux homosexuels ;

Act Up-Paris, exige du ministère de la Santé et de l’EFS (Etablissement Français du Sang) l’élaboration d’un questionnaire préalable au don du sang basé sur des données fiables et non discriminatoires de santé publique.

> Elkarrizketa: Raselyne Bachelot > DONS DU SANG: "UN RISQUE TROP ELEVE CHEZ LES GAYS"

  • Dons du sang : «Un risque trop élevé chez les gays»
  • Libération, 2009-01-14 # Recueilli par Eric Favereau
Alors que les collectes s’élargissent, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, explique pourquoi les homosexuels en restent exclus.

Vous venez de signer un arrêté encadrant les dons du sang. Est-ce à dire qu’il y aurait de nouveaux problèmes de sécurité sanitaire ?
Non. Il s’agit de l’application d’une directive européenne qui impose la rédaction d’un arrêté sur la sélection des donneurs. Cette signature intervient dans un contexte où l’Etablissement français du sang invite aux dons. J’en profite pour lancer un appel pour répondre à ce problème conjoncturel. Nous sommes aussi confrontés à un problème structurel pour maintenir notre autosuffisance. Et cela, il faut le faire en préservant la sécurité sanitaire.

Pourquoi a-t-on besoin de plus en plus de produits sanguins ?
Il y a de multiples facteurs. Les trois principaux sont, en premier lieu, le vieillissement de la population ; en deuxième lieu, de nouvelles indications thérapeutiques et, enfin, la confiance retrouvée des praticiens dans la transfusion sanguine. Nous sommes schématiquement sur une augmentation, autour de 3 % par an, des demandes de produits sanguins. Ces produits sont et resteront irremplaçables.

Vous élargissez les possibilités de dons du sang …
Oui. Pour le premier don, l’âge a ainsi été relevé à 65 ans. Les donneurs réguliers pourront le faire jusqu’à 70 - avant, c’était 65 ans. De même, le nombre maximum de dons passe de 20 à 24 par an, tous types confondus. Le but est de toujours pouvoir satisfaire les demandes.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui ?
C’est le cas, mais cela peut être parfois tangent. Ces jours-ci, comme souvent en début d’année, il y a moins de donneurs, certains sont grippés, etc. Il faut être vigilant. On a habituellement, pour ce qui concerne le stock de globules rouges, des réserves de treize jours. Aujourd’hui, elles sont tombées à dix jours en France - huit en Ile-de-France. Il faut augmenter les prélèvements. Les donneurs donnent 1,7 fois par an. Le simple fait de le faire deux fois améliorerait la situation.

Quid de la sécurité transfusionnelle ? Y a-t-il eu, ces dernières années, des personnes touchées par des infections suite à une transfusion ?
Je n’en ai pas eu connaissance. Les enseignements ont été tirés des années 80, avec une nouvelle organisation de la transfusion, mais aussi avec des nouvelles technologies de détection de virus et une sécurisation très forte.

Cet arrêté reproduit les mêmes contre-indications qu’auparavant. Ainsi, tout homme ayant eu des rapports sexuels avec un homme ne peut pas donner son sang. Pourquoi ?
C’est vrai qu’au début, quand la question s’était de nouveau posée, j’avais clairement demandé à ce que l’on étudie la possibilité de revenir sur cette contre-indication ; tout le monde connaît mon engagement personnel. J’ai sollicité l’avis des experts et des agences sanitaires pour asseoir ma décision sur une évaluation médicale solide. En matière de risques liés au sida, tous ces experts m’ont fait part de deux éléments. D’abord, il y a une période muette de plusieurs jours, entre le moment où la personne a été en contact avec le virus et le moment où le virus circule dans le sang et donc devient détectable. Ce qui pose un vrai problème. Ensuite, les données épidémiologiques sont incontestables : entre 10 et 18 % des gays sont contaminés, alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels. Les situations épidémiques ne sont pas les mêmes. Il y a un risque, et ce risque est trop élevé. D’où le maintien de cette contre-indication.

Vous risquez de choquer certaines associations…
Ce n’est pas une option philosophique, c’est une question de sécurité transfusionnelle. Actuellement, je ne peux pas faire courir ce risque aux malades. Mais on surveille et, s’il y a des changements, on fera évoluer la réglementation. Tous les pays européens sont sur la même ligne. Mais vous savez, de même, toute personne ayant séjourné en Grande Bretagne pendant au moins un an ne peut donner son sang en raison des risques de transmission du prion [le virus de la vache folle, ndlr]. C’est une analyse sanitaire qui nous a fait prendre cette liste des contre-indications, rien d’autre.